Ibrida*Pluri Residency

2017 Sept /// Brice Noeser
Cinema-Dance @ La LumiereCow copy.png
SONYA STEFAN passe BRICE NOESER en entrevue 

1. Quels sont les thèmes du cinéma qui t’intéressent et qui inspirent ton travail chorégraphique ?
Certains films me procurent une expérience immersive qui fait écho en moi quelques temps après. C’est une sensation difficile à expliquer, mais c’est comme si j’avais l’impression de faire partie du film, d’être dans l’histoire, d’être un personnage. Donc quand je sors de la salle de projection, je deviens à la fois caméra et acteur : la vie que je vois se dérouler devant moi et les rencontres que je vis avec les gens et les environnements pourraient être la suite du film. Mais cette sensation ne fonctionne qu’avec les films qui me donnent une certaine impression de réalisme. La captation sonore est, je crois, un élément clef pour me permettre de me sentir complètement plongé dans l’univers du film. Je me plais à entendre les vrais sons de la vie, des sons concrets d’objets, de corps, de voix. 

Ces intérêts se manifestent en danse dans mon obsession pour l’utilisation du regard et pour la variété d’éléments sonores que j’explore : craquements du plancher, sons de la peau, des vêtements, du frottement des pieds contre le sol, du langage, des spectateurs, de musiques… etc. Et pour en revenir au regard, au cinéma dans les plans rapprochés on a accès à des détails d’un visage, d’une expression, d’un regard, détails avec lesquels j’aime jouer en studio et sur scène, bien que le rapport aux spectateurs soit très différent. J’ajouterais aussi que je m’attache beaucoup aux transitions entre les images ou entre les sons et les situations quand je crée, et c’est quelque chose que j’aime observer aussi dans les films. 
2. Comment se traduit ton intérêt pour les films dans la création chorégraphique ?

Cet intérêt se traduit par les choix de pistes sonores, parfois repris de films, et par cette tentative de reproduire un certain réalisme sur scène. Comme certains films, dans Ruminant Ruminant, je me suis attaché à des choses concrètes du quotidien, je n’étais pas intéressé à utiliser la danse pour créer de l’abstraction ou de la poésie, j’ai cherché à créer un rapport direct avec les spectateurs, des propos concerts sur ce que se passe entre nous, en tentant d’être le plus honnête possible dans les propositions, sans grands artifices théâtraux ou lyriques. 

Ce qui me touche ou m’interpelle le plus au cinéma, c’est quand je sens que je suis un témoin presque participant parce que la situation est tellement réaliste que je me sens concerné. À travers ma dernière création, je me suis aussi questionné sur la nécessité de révéler les références cinématographiques. Je les révèle dans les programmes de soirée, mais sur scène, en montrant que tel ou tel aspect d’une scène est inspiré d’un film, j’ai l’impression de m’appuyer sur des choses concrètes qui peuvent être connues par certains spectateurs. J’aime aussi le fait de rendre apparent la transposition de la référence de film à la proposition chorégraphique, et que les spectateurs soient témoins de la manière avec laquelle je me suis approprié un élément d’oeuvre filmique. 
3. Peux-tu évoquer tes inspirations cinématographiques en lien avec Ruminant Ruminant ?

C’est la première fois que j’allais puiser dans des références cinématographiques aussi précises. Je pense que Karina Iraola, avec qui j’ai créé et avec qui je partage la scène, a beaucoup contribué à ce travail autour de certaines archives du cinéma. Dans un solo qu’elle interprète pour un seul spectateur sur scène, elle a reproduit la gestuelle d’une scène du film Les garçons et Guillaume, à table ! dans laquelle l’acteur faisait un pastiche de Sissi impératrice. Par-dessus cette partition de mouvements et de texte, qu’elle écoute et répète à partir de ses écouteurs, une musique dramatique du film The Talented Mr. Ripley surplombe la scène. Ainsi, la narration gestuelle et textuelle, inaudible, agrémentée par la musique, tout aussi narrative, du film se télescopent pour donner un nouveau sens sur la scène entre Karina et le spectateur. D’autre part, le film Vivre sa vie de Jean-Luc Godard, m’a inspiré par sa manière de créer des ruptures, des décalages et des superpositions entre images, musiques et dialogues. J’ai aussi découvert l’actrice Anna Karina que j’ai retrouvé dans un clip où elle chantait Ne dis rien en dansant un slow avec Serge Gainsbourg. 

Dans Ruminant Ruminant, nous terminons une scène en dansant un slow sur Destinée, la musique qui joue pendant une scène de slow du film Le père Noël est une ordure. Par un subtil effet de glissement, nous poursuivons le slow en chantant la chanson de Gainsbourg. D’autres références ont été puisées de l’univers des films d’Almodovar. De manière presque clinique, nous avons distillé des traits féminins emblématiques qui ressortent de ces films, comme par exemple les talons hauts. Au départ ce cliché féminin des talons hauts me paraissait un peu trop évident, mais finalement c’est la sonorité des talons qui est devenue l’objet de l’étude, une sonorité qu’on a travaillé comme une partition musicale créée par des déplacements d’objets qui s’avèrent de plus en plus inutiles. Enfin, je me suis intéressé à une archive vidéo d’une entrevue avec la chanteuse française Barbara. Sur scène, Karina me passe en entrevue à propos d’une séquence de mouvements qui est exhaustivement expliquée pendant que l’on présente un passage de l’entrevue retranscrite sur des pancartes. Plusieurs sens sont alors en compétition et parfois en concordance. À la toute fin du spectacle, après les applaudissements, nous diffusons l’extrait audio de l’entrevue, pour révéler la source du texte et permettre de reconstruire le sens de ses propos a posteriori.

http://www.bricenoeser.com/ 

 

2107 September ///Sonya Stefan/Stephanie Weberhofer/Stefan Voglsinger
Schmiede16 - Salzburg Austria

In 2016 - a DIY contact printing lab was created within a ten-day residency.

During the 11 days of Schmiede 2016 we set up a DYI 16mm film lab for processing b&w film. By using cell phones as a light source we contact printed found footage material and created photogramms, with the Bolex camera we shot new footage. Eventually 48 loops were created and presented in a multiple projection..

Sonya Stefan sonyastefan.com
Stefanie Weberhofer stayfanny.com & filmkoopwien.at
Stefan Voglsinger voglsinger.klingt.org & setzkastenwien.at
Schmiede - playground of ideas schmiede.ca
Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s